vendredi 5 décembre 2008

Les enjeux de la crise financière: Michel Chossudovsky



Michel Chossudovsky est professeur d’économie, directeur du Centre de recherche sur la mondialisation et auteur de Mondialisation de la pauvreté et nouvel ordre mondial. * Les causes et les conséquences de l’effondrement des marchés; * L’économie réelle en banqueroute; * Les impacts sur l’emploi et le niveau de vie; * La décomposition des finances publiques; * Impacts sur les services de santé et d’éducation; * L’enrichissement d’une minorité sociale; * La mondialisation de la pauvreté. Quelles sont les solutions de rechange? Conférence en français présentée par www.mtl911truth.org & www.globalresearch.ca le 27 novembre 2008.

jeudi 4 décembre 2008

La fertilité masculine menacée

Les problèmes de l’appareil reproducteur masculin sont aujourd’hui potentiellement aussi graves que le réchauffement climatique.

  • Depuis 50 ans, la production de spermatozoïdes dans l’espèce humaine a diminué en moyenne de 50 %. Pourquoi ?
  • Dans les pays occidentaux, le nombre de cancers du testicule ne cesse de croître. Au Danemark, on constate une hausse vertigineuse de 400 % en soixante ans. Pourquoi ?
  • Le nombre de malformations congénitales de l’appareil reproducteur masculin augmente également. Pourquoi ?
  • Des populations de poissons de certaines rivières se féminisent. De plus en plus de malformations sexuelles et de cas de stérilité sont observés chez les phoques, les oiseaux, les alligators, les grenouilles…Des études sur la faune montrent une dévirilisation croissante. Pourquoi ?
Féminisation de la nature d’un côté, diminution du nombre de spermatozoïdes chez l’homme de l’autre. Des événements bizarres et inquiétants entre lesquels personne, pendant longtemps, n’avait pensé ou osé établir un lien.

Et si toutes ces observations avaient une origine commune ?
C’est l’hypothèse audacieuse de nombreux scientifiques tant aux États-Unis qu’en Europe. Ils sont persuadés que certains facteurs environnementaux sont responsables de ces pathologies et de ces malformations. Au banc des accusés, de nombreuses molécules mises sur le marché par l’industrie chimique : PCB, DDT, retardateurs de flamme, phtalates, pesticides… Liste non exhaustive de composés chimiques qui agissent sur le système hormonal (on les désigne sous le terme un peu barbare de « perturbateurs endocriniens ») et qui provoqueraient ainsi une féminisation du monde… La gravité des faits rapportés impose que l’on s’y intéresse de très près car la fertilité, et donc l’avenir de l’humanité est en jeu… Si ces scientifiques ont raison, ce sont des pans entiers de notre mode de consommation qu’il faudra repenser. Un véritable défi face au puissant lobbying industriel, un débat qui se déplace sur le terrain politique.

Voir les extraits vidéos

Les réalisateurs de « Mâles en péril », Sylvain Gilman et Thierry de Lestrade, reviennent sur la genèse de ce qu'ils ont vécu comme une
« extraordinaire aventure scientifique ».


Ce film a commencé dans un laboratoire de recherche de Boston. Nous tournions La Guerre contre le cancer lorsqu’Ana Soto, biologiste spécialisée dans le cancer du sein, sortit de son emballage un tube de matière plastique, un vulgaire tube dont se servent tous les techniciens de laboratoire. Mais celui-ci était extraordinaire : depuis que son fabricant avait changé la composition, il avait la capacité de faire se multiplier les cellules cancéreuses. Le plastique contenait un élément qui agissait comme des hormones !

Ainsi des molécules réputées inertes pouvaient imiter les hormones, donc tromper notre corps ! À partir de ce tube de plastique, nous nous sommes lancés sur la piste de ces molécules. Elles sont nombreuses, découvertes le plus souvent par hasard, on les appelle aujourd’hui des « perturbateurs endocriniens ». Les scientifiques que nous avons rencontrés et filmés dans cette enquête sont des personnages étonnants. Face à des données inattendues, ils ont su se remettre en cause et être créatifs ; au moment de publier leurs résultats, ils ont su résister aux pressions des industriels. Aujourd’hui, ils n’hésitent pas à sortir de leurs laboratoires pour porter le débat sur la place publique.

Car la découverte de ces « perturbateurs endocriniens » interroge. En premier lieu les pouvoirs publics : comment contrôle-t-on les milliers de molécules chimiques fabriquées par l’homme depuis 50 ans ? Des molécules lancées sur le marché avec pour seules analyses… celles effectuées par les industriels eux-mêmes ! Elle interroge également les citoyens que nous sommes sur la qualité de notre environnement. Sur tous ces objets indispensables à notre confort quotidien et qui auraient… peut-être… un effet sur la reproduction humaine, la santé…

Le manque d’information est toujours plus effrayant que l’information elle-même.
Cela peut paraître effrayant. Nous en avons fait un film. Pour expliquer. Car le manque d’information est toujours plus effrayant que l’information elle-même. Pour raconter aussi une extraordinaire aventure scientifique qui s’est construite comme un puzzle, avec des éléments épars, qu’il fallait rassembler dans un vaste tableau d’ensemble. Notre souci a donc été de tendre le récit au maximum : donner des informations scientifiques précises, tout en restant accessible et capter au mieux l’attention du téléspectateur.




HOMO TOXICUS


En primeur à Télé-Québec, le mercredi 10 décembre à 20h00
En rediffusion le 11 décembre à 13h et le 13 décembre à 22h30

Diminution de spermatozoïdes de 50% en 50 ans, malformations génitales, cancers, dérèglements de la glande thyroïde, asthme, allergies, hyperactivité et déficit d’attention chez les enfants… Des scientifiques du monde entier témoignent de l’impact des substances toxiques auxquelles nous sommes exposés à faible dose, notre vie durant. Leurs conclusions sont troublantes.

Une expérience planétaire est en cours et nous en sommes les cobayes.

La réalisatrice Carole Poliquin aborde le sujet avec rigueur et humour à partir des analyses de son propre sang. On y a en effet décelé 110 substances chimiques : des pesticides (incluant le DDT, interdit depuis 30 ans!), des BPC, des dioxines, des furanes, du mercure, du plomb, des substances antiadhésives (comme le Teflon), des phtalates, du bisphénol A... Certaines d’entre elles, comme les ignifuges bromés, doublent dans le lait maternel tous les 5 ans!

Or, on sait aujourd’hui que ces molécules causent des dommages à des doses infimes, ce qui contredit le principe de base de la toxicologie classique à savoir que «c’est la dose qui fait le poison». Et on sait aussi que nous transmettons ce «patrimoine toxique» à nos enfants, particulièrement vulnérables pendant la vie fœtale et la première enfance: les enfants naissent aujourd’hui avec 287 substances chimiques dans leur sang! Quel sera l’impact sur leur santé?

Alors qu’un nombre grandissant de chercheurs considèrent les perturbations hormonales dues à la pollution comme l’un des plus graves problèmes auxquels l’humanité est confrontée, menaçant même sa survie, l’industrie chimique continue de clamer que ses produits sont sécuritaires. Santé Canada, de son côté, affirme maîtriser la situation par la gestion des risques…

La conclusion de l’auteure? «D’un risque acceptable à un autre risque acceptable, nous sommes en train d’admettre l’intoxication progressive de tout le vivant. Et comme pour le climat, personne ne sait quand nous franchirons le point de rupture.»

Bande-annonce et infos : www.homotoxicus.com

Contact média :
Arantza Maldonado
Les productions ISCA
514 273-9795

dimanche 30 novembre 2008

Nous, Les esclaves de l'OMC



Les rentiers industriels sont prêts à tout pour maintenir leur rentes :
- Destruction de l'agriculture
- Destuction de la bio-diversité
- Destruction de la nature
- Destruction de l'artisanat
- Destruction des solidarités
- Destruction des libertés
- Destruction des cultures
- Destruction des identités
- Destruction des nations
- Destruction de la santé
- Destructionn des esprits
- Destruction des pays pauvres
- Destruction des services publics
- Destruction des PME
- Destruction du plein emploi

Un seul droit pour les zombies esclaves : consommer et regarder la télévision.

Si vous voulez redevenir un être humain : arrêtez de financer votre destruction par les multinationales industriels.

Consommez bio, naturel, local, artisanal.

Quelques sites d'intérêt...

http://www.solidaritequebec.com/
http://www.evolutionquebec.com/site/quefaire.html
http://www.evolutionquebec.com/site/boycott.html
http://www.evolutionquebec.com/site/liens.html
http://www.evolutionquebec.com/index.html
http://www.evolutionquebec.com/site/citation.html
http://www.voltairenet.org/mot2291.html?lang=fr
http://www.youtube.com/watch?v=eXo5ea2hRFE
http://video.google.com/videoplay?docid=-7461738120783343519
http://www.evolutionquebec.com/site/sante/trilogie.html
http://www.environmentaldefence.ca/toxicnation/french/homefrench.htm
http://www.delaplanete.org/-Numero-14-.html
http://www.davidsuzuki.org/WOL/Publications.asp

La répression politique s’étend aux États-Unis


par Naomi Wolf*
Depuis cinq ans, nous alertons l’opinion publique mondiale sur la volonté de l’administration Bush de transformer les États-Unis en État autoritaire. Notre analyse, qui s’appuyait sur l’étude de projets de loi, n’a pas été alors prise en considération par certains en raison du choc psychologique du 11-Septembre. Ce qui était une intention est désormais une réalité, les textes sont mis en pratique : le nouveau régime intimide, harcèle et en définitive muselle ses opposants. Naomi Wolf recueille des témoignages de cette répression et tente de mobiliser ses concitoyens pour défendre leurs libertés.

Depuis quelques mois je parcours les États-Unis, du Colorado à la Californie, et je parle avec des États-uniens de toutes les couches de la société sur les questions des libertés, sur les attaques qu’elles subissent en ce moment et sur le programme en dix étapes qui est en cours pour faire de ce pays une société fermée et répressive.

La bonne nouvelle est que les États-uniens se sont réveillés et sont conscients des dangers qui les guettent. Quand je me suis mis en route je pensais que j’allais affronter de l’opposition, de la résistance ou au moins de l’incrédulité quand je parlerais de l’obscurité qui s’étend lentement sur notre pays et l’héritage de liberté que nous ont légué nos ancêtres.

Mais je me retrouve à parler devant des assemblées qui n’ont pas besoin de moi pour être inquiètes. Des gens qui ont peur, qui ont perçu depuis longtemps le danger qui grandit et la société qui se prépare.

À mon grand soulagement, j’ai redécouvert une société états-unienne qui est intelligente et alerte, courageuse et indomptable, des gens qui n’ont pas peur d’entendre des mauvaises nouvelles et d’agir en conséquence. Et ce sont des patriotes, des vrais, qui aiment leur pays à cause des valeurs sur lesquelles il a été construit.

Mais je suis écorchée vive par les histoires que l’on vient me raconter lors de ces réunions. Et je n’arrive plus à lire mes mails ces derniers temps, tellement ils sont pleins de témoignages effarants.

Et partout où je vais, il y a toujours, au moins une fois par jour, une personne dans l’assemblée qui se lève pour parler. Elle a toujours l’air solide et forte, courageuse... et soudain elle va se mettre à pleurer, submergée par la peur, au beau milieu de son témoignage.

L’autre jour, à Boulder, une jeune mère de deux enfants, la trentaine, l’image même de la jeune états-unienne dynamique, s’est effondrée alors qu’elle me parlait : « Je suis outrée par tout ce que j’entends et vois, je voudrais tellement faire quelque chose ! Mais j’ai tellement peur. Je regarde mes enfants et j’ai peur. Comment lutter contre cette peur qu’ils ont planté en nous ? Qu’est ce qui est mieux pour l’avenir et la sécurité de mes enfants ? Est-ce que je dois agir et tenter de changer les choses ou bien me taire et ne pas me faire remarquer ? J’ai tellement peur de me retrouver fichée quelque part. »

À Washington DC, la semaine dernière, un directeur de service dans une administration, ancien joueur de foot, beau gosse, probablement membre du Parti Républicain, m’a confié, loin des micros, qu’il avait peur de signer le papier autorisant le FBI d’accéder à toutes les informations le concernant, comme l’y encourage l’agence anti-terroriste. « Mais en même temps, j’ai peur de ne pas la signer, si je ne le fais pas, je risque de perdre mon boulot, ma maison... c’est comme en Allemagne lors du fichage des fonctionnaires » me dit-il d’une voix résignée.

Ce matin, à Denver, j’ai parlé pendant plus d’une heure avec un très haut et très courageux gradé de l’armée, hautement décoré qui s’est retrouvé sur la liste des personnes surveillées (et interdites de prendre l’avion) parce qu’il a critique la politique de l’Administration Bush. Il m’a montré des documents qui prouvent que non seulement il est surveillé par les services secrets mais que toute sa famille est également espionnée et harcelée. Tout au long de sa carrière militaire, cet officier a mené de nombreuses missions très dangereuses au service de son pays, mais aujourd’hui, quand il me parle de sa crainte que ses enfants soient harcelés par le gouvernement à cause de ses opinions, sa voix se brise.

Ailleurs je suis abordée par une juriste qui travaillait pour le Ministère de la Justice. Un jour elle s’est opposée à « l’interrogatoire musclé » d’un détenu qui subissait une technique reconnue comme étant de la torture. Non seulement elle s’est retrouvée devant une commission de discipline, mais en plus elle a été sujette à une enquête criminelle, a perdu de l’avancement, a vu son ordinateur fouillé et ses mails effacés... et maintenant elle est sur la liste noire et ne peut plus prendre l’avion.

Lors d’une conversation dans une soirée, un technicien informatique travaillant pour une grande compagnie aérienne —et qui ne fait pas mystère de sa sympathie pour le Parti Républicain— m’explique qu’une fois que vous êtes sur la liste, il est impossible d’en sortir. « Même si on te dit que ton nom est effacé, ce n’est pas vrai, nous avons un système double qui n’efface jamais rien. »

Elisabeth Grant, de la Coalition contre la guerre, a montré lors d’une conférence de presse la note manuscrite et le petit drapeau états-unien retrouvé dans sa valise après un voyage en avion. La note disait que l’agence anti-terroriste n’appréciait pas ses lectures.

Comme à l’époque du Mur de Berlin, quand je fais le queue pour me faire fouiller dans les aéroports, je me surprends à passer une nouvelle fois en revue le contenu de mon sac.

L’autre jour, à New-York, je me suis fait violence en jetant à la poubelle un exemplaire du dernier livre de Tara McKelvey Monstering que j’étais entrain de lire. Cet excellent ouvrage dénonce les pratiques d’interrogatoire utilisées par la CIA. Malgré le fait que j’avais acheté le livre dans une librairie grand public en ville... on ne sait jamais, il contient des informations « classifiées » et on pourrait m’accuser de faire le jeu des terroristes en les lisant. (...) Dans mon Amérique à moi, celle qu’on m’a apprise à l’école, on ne se comporte pas comme ça. (...) Et tout le monde me pose la même question : que pouvons nous faire ?

Cette avalanche de témoignages d’abus et d’atteintes aux libertés des citoyens états-uniens montre clairement qu’un réseau criminel et de surveillance est en train de prendre de plus en plus de citoyens innocents dans ses filets. Il est évident que ceci n’a rien à voir avec la démocratie — ni même avec l’habituelle corruption de la démocratie. Et il est clair que nous aurons besoin d’une action plus énergique que de simplement envoyer des lettres à notre député.

Les gens qui viennent témoigner ne sont pas des illuminés anarchistes, Ils sont de toutes les obédiences politiques, conservateurs, apolitiques, progressistes. La première régle d’une société en cours de fermeture ou bien déjà fermée est que ton alignement avec le parti politique au pouvoir ne te protège en rien ; dans un véritable État policier, personne n’est à l’abri.

Je lis mon journal le matin et je n’en reviens pas :

• Sept soldats ont publié une lettre dans le New York Times pour critiquer la guerre : peu de temps après, deux sont morts dont un d’une balle dans la tête tirée à bout portant.
• Une femme comptable de l’armée qui voulait dénoncer les abus et détournements financiers est morte dans son baraquement, abattue d’une balle dans la tête, ici aussi à bout portant.
• Pat Tillman, qui avait écrit un mail à un ami où il envisageait de dénoncer des crimes de guerre dont il avait été témoin : une balle dans la tête.
• Donald Vance, un employé de l’armée qui avait dénoncé des trafics d’armes au sein de l’armée en Irak — kidnappé par des soldats US à l’intérieur même de l’Ambassade US de Bagdad et enfermé et torturé pendants des semaines sur une base militaire US, sans accès à un avocat — et officiellement menacé des pires représailles s’il parlait à quiconque à son retour au pays.
• Et dans le dernier numéro de Vanity Fair un sous-traitant de l’armée qui avait dénoncé des malversations raconte qu’il a été kidnappé par des soldats US masqués et armés, passé à tabac toute une nuit dans un préfabriqué avant d’être expulsé d’Irak le lendemain. L’administration militaire a refusé d’entendre sa plainte et l’a fait éjecter du bureau.

Ce matin le New York Times écrit que le Département d’État (employeur des mercenaires de Blackwater USA) refuse officiellement de coopérer avec le Ministère de la Justice ou le FBI dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat de 17 civils irakiens innocents. La Maison-Blanche soutien l’attitude méprisante du Département d’État vis à vis de la justice de ce pays.

Ce n’est pas une information anodine. Mes lecteurs qui ont retenu quelque choses de l’histoire du XXè Siècle seront horrifiés mais pas surpris. La « Deuxième étape » de la fermeture d’une société ouverte est la démonstration par l’État aux citoyens que la force paramilitaire est au dessus des lois du pays et que la loi ne peut donc plus servir de refuge à la dissidence.

En permettant au FBI et à la CIA d’arrêter n’importe quel citoyen états-unien et de le priver de ses droits légaux, le secrétaire à la Justice a fait comprendre aux citoyens US une leçon très simple : Nul d’entre vous n’est à l’abri de l’arbitraire d’État. Nous pouvons venir comme cela nous chante, enfoncer votre porte et vous faire disparaître pour toujours... en toute légalité.

(...) Si l’administration de ce pays annonce publiquement qu’elle ne sanctionnera pas les agissements criminels de ses propres employés en Irak et fera obstacle à la justice — alors est ce que les députés du Congrès auront le courage d’affronter les agissements similaires de Blackwater quand cette société remportera le contrat qu’elle convoite, celui de la sécurité intérieure aux États-unis ?

Ou bien cette force paramilitaire et protégée par l’État sera t-elle assez puissante pour intimider nos représentants — et nous mêmes ?

Est-ce que nous oserons encore manifester dans la rue si nous savons que nous risquons de recevoir le même traitement que les civils de Bagdad, mitraillés depuis des hélicoptères de Blackwater ? Est-ce qu’un député osera proposer une loi contre Blackwater s’il sait qu’il peut se faire tuer d’une balle dans la tête, en toute impunité ?

(...) N’oubliez pas que, dans la situation actuelle, le département de la Sécurité de la Patrie (Homeland Security) a le droit légal de déployer les mercenaires de la société Blackwater dans votre ville dès ce soir.

 Naomi Wolf
Journaliste et écrivain féministe. Dernier ouvrage paru : The End of America : A Letter of Warning To A Young Patriot.

jeudi 27 novembre 2008

L’abolition de la TVQ sur les produits culturels québécois: une bonne idée dont l’effet peut être nul en temps de crise

Le Parti Libéral du Québec faisait l’annonce le 18 novembre dernier de son intention, s’il est réélu, d’abolir la taxe de vente du Québec sur les produits culturels d’ici. Cette mesure toucherait également les œuvres d’art et pourrait donc avoir un effet stimulant sur le marché et les conditions socioéconomiques des artistes en arts visuels, pourvu qu’elle concerne les œuvres d’artistes vivants. Pour les quelque 3500 artistes de ce domaine, c’est donc de prime abord une promesse alléchante. Le RAAV salue cette promesse de M. Charest tout en s’interrogeant toutefois sur son efficacité réelle en temps de ralentissement économique.

L’objectif d’une telle mesure, dont le coût pour les finances publiques est estimé à cinquante millions de dollars (50 M$), est de laisser aux Québécois 7.5% de la valeur d’un produit culturel qu’ils achèteraient (billet de spectacle, œuvre d’art, DC, DVD…) pourvu qu’il soit produit ou réalisé par des artistes d’ici. Cette mesure compte sur le public pour qu’il réinvestisse cette somme dans l’acquisition d’autres produits culturels québécois. Elle a l’avantage de toucher tous les «consommateurs» de produits culturels et pourrait aider les créateurs québécois si la réaction attendue du public se concrétisait, ce qui est évidemment souhaitable. Cependant, plusieurs économistes considèrent que des réductions de taxes en période de ralentissement économique ont un effet contraire à celui qui est désiré.

Ne serait-il pas plus efficace de consacrer cet investissement de 50 millions de dollars à des programmes plus ciblés de stimulation du marché des œuvres des créateurs d’ici, pourvu qu’ils soient membres de leur association professionnelle sectorielle? Par exemple, dans le domaine des arts visuels: l’extension à nos concitoyens de la mesure fiscale qui permet aux entreprises d’amortir l’acquisition d’une œuvre d’art sur trois ans; la création pour les musées d’un fond d’acquisition d’œuvres d’artistes contemporains québécois et l’extension de la Politique d’intégration des arts à l’architecture aux grands projets d’infrastructure et aux PPP?

Peut-être aussi devrait-on confier à la SODEC et au CALQ une partie de cette somme avec le mandat clair de concevoir et de mettre en œuvre des programmes ciblés visant à stimuler le marché des divers produits culturels d’ici.

Le RAAV ne peut que saluer l’annonce faite le 18 novembre par M. Charest dans le cadre de la présente campagne électorale mais, advenant sa réélection, il l’invite à évaluer concrètement, avec les acteurs des divers domaines artistiques concernés, l’effet que pourrait avoir cette mesure sur les créateurs et les entreprises culturelles québécois.


30 –
Source :
Christian Bédard
Directeur général
Regroupement des artistes en arts visuels du Québec (RAAV)
514-866-7101 # 30

Stephen Harper sacrifie un secteur essentiel à l’économie canadienne : les arts et la culture

Le gouvernement Harper plonge volontairement les milieux artistique et culturel dans la pauvreté. Malgré les nombreux exemples démontrant l’impact catastrophique des coupes dans les programmes en culture, le gouvernement fédéral demeure sourd et maintient sa décision. Le ministre du Patrimoine canadien, James Moore, a en effet confirmé de manière définitive que les programmes PromArt et Routes commerciales ne seraient pas remplacés. Les arguments économiques de l’importance de ces programmes, les retombées en termes de rayonnement et de notoriété de la culture canadienne à l’étranger ainsi que la vitalité menacée de tout un secteur de la société semblent laisser de marbre un ministre pour qui la défense des intérêts de la communauté qu’il représente au gouvernement devrait pourtant être la priorité absolue.

«Ce gouvernement nous a menti de façon éhontée en disant qu’il n’y aurait pas de vide et que ces programmes seraient remplacés. C’est indigne d’un gouvernement, quel qu’il soit» d’affirmer le président du Conseil québécois du théâtre, Martin Faucher. Alors que le Premier ministre du Canada, dans son discours du trône, prétend prendre des mesures pour protéger le pays contre la crise économique, il sacrifie pourtant du même souffle tout un pan de la vie économique canadienne.

Il y a un peu plus d’un an, rassemblé aux Second États généraux du théâtre professionnel, le milieu théâtral québécois se prononçait sur les défis artistiques et économiques auxquels il doit faire face aujourd’hui. Chaque jour, au moins deux spectacles québécois de théâtre sont joués partout dans le monde. Le milieu théâtral revendiquait alors des ressources supplémentaires pour le rayonnement international. Le Canada, aujourd’hui confronté à une crise économique mondiale, prend des décisions qui privent le secteur artistique d’un levier indéniable de développement. « En effet, plus les semaines avancent et plus les compagnies de théâtres voient leurs années de travail réduites à néant » déplore Martin Faucher.

Dans le contexte actuel, il est illusoire d’espérer le moindre changement d’attitude de la part du gouvernement du Canada et nous sommes légitimement en droit de nous demander quelles sont les vraies raisons qui poussent James Moore et son gouvernement à maintenir une ligne aussi dure envers les artistes? Le Conseil québécois du théâtre va tout de même maintenir une pression pour tenter de faire entendre raison au ministre du Patrimoine canadien. « Comment interpréter, autrement que par une vengeance ou un mépris envers les artistes québécois et canadiens, cette obstination à maintenir coûte que coûte une décision aussi arbitraire qu’insensée? » de conclure Martin Faucher.

Un peu de place pour les arts plastiques.

Dans la société actuelle, les artistes ne sont pas à égalité. Il faut ici dissocier, malheureusement les artistes des arts dits «vivants» (spectacles vivants) des artistes en arts dits «plastiques» (peintres, sculpteurs, graveurs). Pour ces derniers, il n’y a pas de moments de chômage. Il n’y a jamais d’indemnisation pour «non» activité : en art plastique, l’artiste fait l’avance de tout (le temps et l’argent) et doit ensuite s’efforcer de vendre alors qu’il ou elle n’a pas forcément les qualités de persuasion d’un vendeur et que ses créations ne sont pas des marchandises.

On trouve normal de rémunérer un acteur de théâtre qui fait une prestation dans la rue pendant la fête du quartier mais on trouve aussi normal de demander à des peintres d’exposer pour agrémenter les murs d’une salle ou d’une rue sans leur verser un seul centime.

Pour les créations en arts plastiques , peinture, sculpture principalement, cela conduit évidement:

⇒ à une démarche « commerçante » donnant la première place aux plus médiatiques ,
⇒ ou bien à abandonner son activité pour un travail plus rémunérateur ,
⇒ ou, encore, à une vie « en marge » qui l’exclue de la reconnaissance et de l’utilité sociale.

Dans tous les cas, la société toute entière et son avenir s’appauvrissent …

Nous reviendrons souvent sur ce sujet car il disqualifie «le premier geste d’expression : un trait noir qui s’en va sur la feuille et l’aventure commence, depuis 50 000 ans …

Combien ça coûte ?

Combien économise-t-on en ne faisant pas … ?.
On sait à peu près répondre à cette question .
MAIS :
"Combien ça coûte de ne pas faire " ?…
→ des écoles. → des crèches. → des maisons de retraite.
→ des hôpitaux capables de recevoir et soigner tout le monde.
→ des maisons de la culture. → des salles de sport.
→ moyens de transport accessibles à tous et toutes.
→ des lieux de rencontre dans chaque commune, dans chaque quartier.
→ des bibliothèques dans chaque commune, dans chaque quartier.
→ des écoles de dessin et d’art dans chaque commune.
→ exiger la "pollution zéro" aux usines, aux voitures, aux agriculteurs

Combien ça coûte
→ d’éduquer nos enfants comme des "moutons consommateurs"
"→ de nous passer en boucle sur les téléviseurs le modèle américain en 28 épisodes où des experts rendent la justice du monde en observant un poil de c. au microscope …
→ de supprimer le beau au nom du rentable ou éduquer ainsi nos enfants dans un monde vulgaire (voir "éducation" (socle commun) et le "décor" de nos villes, la disparition des arts)
→ de faire croire que la vie est une lutte sans merci avec son voisin et qu’il faut tout faire pour devenir le plus riche du cimetière.

Combien ça coûte de nous faire oublier que nous avons tous et toutes 50 000 ans de mémoire et tout un avenir à construire jour après jour ?

Sortir de l’impasse par la création.

Ce texte a été écrit par Albert Camus et reste étonnement d’actualité.Prenez le temps de lire . Ce message est là, pour nous, depuis 50 ans : il parle de notre société , il parle de nous, il s’adresse à ce monde du début du 21° siècle.

Lisez le texte ci-dessous et comparez avec les discours actuels : qui parle "culture" aujourd’hui est traité de "gauchiste" ou d’"élitiste", selon le cas (voir question bêêête N° 44) sauf lorsqu’il y a le mot "industrie" avec : (industrie culturelle), alors, on parle commerce … Les projets électoraux qui nous sont présentés oublient totalement d’en faire un projet, et même d’en parler voir la lettre ouverte aux candidat(e) proposée par Horschamp.

En art, la révolte s’achève et se perpétue dans la vraie création, non dans la critique ou le commentaire. La révolution, de son côté, ne peut s’affirmer que dans une civilisation, non dans la terreur ou la tyrannie. Les deux questions que pose désormais notre temps à une société dans l’impasse : la création est-elle possible, la révolution est-elle possible, n’en font qu’une, qui concerne la renaissance d’une civilisation.

La révolution et l’art du 20° siècle sont tributaires du même nihilisme et vivent dans la même contradiction. Ils nient ce qu’ils affirment pourtant dans leur mouvement même et cherchent tous deux une issue impossible, à travers la terreur. … Finalement, la société capitaliste et la société révolutionnaire n’en font qu’une dans la mesure où elles s’asservissent au même moyen, la production industrielle, et à la même promesse. … La société de la production est seulement productrice, non créatrice.

… l’art et la société, la création et la révolution doivent, pour cela, retrouver la source de la révolte où refus et consentement, singularité et universel, individu et histoire s’équilibrent dans la tension la plus dure. La révolte n’est pas en elle-même un élément de civilisation. Mais elle est préalable à toute civilisation. Elle seule, dans l’impasse où nous vivons, permet d’espérer l’avenir dont rêvait Nietzsche : « Au lieu du juge et du répresseur, le créateur. » Formule qui ne peut pas autoriser l’illusion dérisoire d’une cité dirigée par des artistes. Elle éclaire seulement le drame de notre époque où le travail, soumis entièrement à la production, a cessé d’être créateur. La société industrielle n’ouvrira les chemins d’une civilisation qu’en redonnant au travailleur la dignité du créateur, c’est-à-dire en appliquant son intérêt et sa réflexion autant au travail lui-même qu’à son produit.

La civilisation désormais nécessaire ne pourra pas séparer, dans les classes comme dans l’individu, le travailleur et le créateur… C’est ainsi qu’elle reconnaitra à tous (et toutes) la dignité affirmée par la révolte. … Toute création nie, en elle-même, le monde du maitre et de l’esclave. La hideuse société de tyrans et d’esclaves où nous nous survivons ne trouvera sa mort et sa transfiguration qu’au niveau de la création.

... Un des sens de l’histoire d’aujourd’hui, et plus encore de demain, est la lutte entre les artistes et les nouveaux conquérants, entre les témoins de la révolution créatrice et les bâtisseurs de la révolution nihiliste. Sur l’issue de la lutte, on ne peut se faire que des illusions raisonnables. Du moins, nous savons désormais qu’elle doit être menée. Les conquérants modernes peuvent tuer, mais semblent ne pouvoir créer. Les artistes savent créer, mais ne peuvent réellement tuer. … Si, enfin, les conquérants pliaient le monde à leur loi, ils ne prouveraient pas que la quantité est reine, mais que ce monde est enfer. Dans cet enfer même, la place de l’art coïnciderait encore avec celle de la révolte vaincue, espoir aveugle et vide au creux des jours désespérés. Ernst Dwinger, dans son Journal de Sibérie, parle de ce lieutenant allemand qui, prisonnier depuis des années dans un camp où régnaient le froid et la faim, s’était construit, avec des touches de bois, un piano silencieux. Là, dans l’entassement de la misère, au milieu d’une cohue en haillons, il composait une étrange musique qu’il était seul à entendre. Ainsi, jetés dans l’enfer, de mystérieuses mélodies et les images cruelles de la beauté enfuie nous apporteraient toujours, au milieu du crime et de la folie, l’écho de cette insurrection harmonieuse qui témoigne au long des siècles pour la grandeur humaine. … La beauté, sans doute, ne fait pas les révolutions. Mais un jour vient où les révolutions ont besoin d’elle. …

En maintenant la beauté, nous préparons ce jour de renaissance où la civilisation mettra au centre de sa réflexion, loin des principes formels et des valeurs dégradées de l’histoire, cette vertu vivante qui fonde la commune dignité du monde et de l’homme, et que nous avons maintenant à définir en face d’un monde qui l’insulte.

Albert Camus Extrait de "L’homme révolté", chapitre : Révolte et Art, Création et révolution

Culture et démocratie

"L’accès à l’art et à la culture est un droit fondamental qui contribue à la formation du citoyen et constitue donc une composante essentielle pour la démocratie.


* La culture ne se réduit pas à sa dimension artistique, mais englobe tout ce qui permet d’appréhender le monde, de s’y situer et d’y agir individuellement et collectivement.


* Derrière l’action culturelle, ce qui nous importe c’est de :

  • donner à chaque individu des repères pour agir dans la société
  • lutter contre l’obscurantisme, source d’extrémisme et d’intolérance
  • combattre les inégalités culturelles : accès aux œuvres et valorisation du capital culturel de chacun."


Une démarche d’éthique sociale (socio-éducative) « C’est d’abord la poursuite du grand rêve démocratique, égalitaire et éducatif de Condorcet en l’an I de la République. Il a conçu, à la demande de l’Assemblée nationale, un projet d’éducation du peuple qui ne se limitait pas à l’école et qui englobait l’art de s’instruire par soi-même à tous les âges de la vie, dans une société où l’information continuait la formation et favorisait l’auto-formation permanente collective et individuelle comme nous dirions aujourd’hui. Il voulait "rendre la raison populaire" parce que comme disait son ami l’artiste Goya, "le sommeil de la raison enfante des monstres".
Source : "Peuple et culture" réseau d’associations d’éducation populaire, lutte contre les inégalités culturelles et pour le droit au savoir tout au long de la vie. Lien avec le site "Peuple et culture" : http://www.peuple-et-culture.org/
Lien vers les autres articles sur le sujet : suivre le mot-clé "culture" dont Culture d’humains et l’article sur l’association peuple et culture
— - L’industrie culturelle et ses effets - Analyse de T. Adorno en 1963

Observer, comprendre, imaginer, inventer, créer.

La consommation tue l’imagination parce qu’elle donne des réponses immédiates qui empêchent d’observer, de comprendre, d’inventer … C’est une perte de liberté.

Ce qui distingue l’animal humain du reste des animaux est, sans doute, la science, l’art, la création, l’invention.

En effet, que serions nous sans art ? Un ensemble disparate de peuples sans culture, sans histoire. Mais peut être aussi que l’espèce humaine aurait disparu depuis longtemps. N’oublions pas qu’elle a été pendant de nombreux millénaires une espèce en danger , en voie de disparition, bref, toujours sur le fil du rasoir de la survie.

Au lieu de disparaître, l’espèce humaine occupe toute la planète et y a inscrit ses marques depuis des millénaires. Partout ou presque , nous voyons des dessins, peintures, sculptures dans les grottes (tout au moins c’est là que nous les trouvons ) , des milliers de générations d’armes, ustensiles, poteries décorées à la mode du moment, des temples, des statues, des fresques, des légendes… Nous sommes riches de 50 000 ans de mémoire !

Nous sommes riches de créations …
La peinture, sculpture, théâtre, danse, musique … autant de mondes infinis. Depuis que les hommes et les femmes sont là sur terre, combien de mondes imaginaires créés ? Chacun est un nouvel espace avec ses émotions, ses personnages, ses paysages…
Quel pouvoir fabuleux nous avons !

Nous sommes riches d’imagination …
L’imaginaire existe sans et avec l’écriture. La préhistoire, c’est avant l’écriture dit-on. En fait le lien est étroit entre un dessin « gravé » et un signe « écrit » et c’est tout doucement que l’imaginaire a été « pris » par les mots pour devenir des histoires. Le pouvoir (et la nécessité sans doute) de créer des personnages, des histoires imaginaires a toujours existé. L’homme et la femme ont toujours ajouté à la réalité un autre monde, secret ou partagé. L’écriture a permis d’aller loin dans la vision d’autres mondes et l’explication de ce monde. (Mésopotamie : l’épopée de Gilgamesh par exemple) Les mots et la liberté d’imagination ont permis de multiplier à l’infini personnages, êtres hybrides, caractères, situations, décors et émotions. Il faudrait pouvoir réunir tous les personnages, tous les mondes, tous les sentiments, créés depuis le premier conte, la première musique, le premier tableau. Il faudrait plusieurs galaxies pour tout contenir. Il faudrait faire cela et tout visiter, tout ressentir, quel voyage ! Ce voyage, c’est la superbe révélation que nous pouvons tout essayer, tout comprendre, tout inventer, tout construire.
C’est avoir les ailes d’Icare et mieux encore pourvu que l’on continue TOUS ET TOUTES d’essayer, de comprendre, d’inventer, de construire !

La consommation tue l’imagination parce qu’elle donne des réponses immédiates qui empêchent d’observer, de comprendre, d’inventer … C’est une perte de liberté.brève
Extrait de "Playdoyer pour un Art équitable" lire la présentation : lien direct Lire aussi "Il faut agir" : lien direct pour un monde meilleur … Voir aussi les photos de Visages de pierre
Pour lutter contre le formidable pouvoir de l’ignorance : Voir aussi les livres de Bernard Stiegler "La télécratie" , "Réenchanter le monde" et le lien vers le site de l’association "Ars industrialis"

Le Squat’Art attire bien des curieux

Une dizaine d’artistes lanaudois se sont approprié la Maison des contes et légendes de Lavaltrie, où se tenait le vernissage du Squat’Art. Cette exposition a attiré une centaine de visiteurs. Ils ont pu admirer la diversité et la créativité à travers les œuvres exposées. Ceux qui ne pouvaient pas être présents au vernissage, le dimanche 16 novembre, ont jusqu’au 16 décembre pour aller y jeter un œil. La salle d'exposition sera ouverte au public du mercredi au vendredi, de 9h à 16h, ainsi que le samedi et le dimanche, de 13h à 17h.

Le Squat’Art permet de faire éclore l’art et la culture à la Maison des contes et légende et ce n’est qu’un début ! Jeunes et adultes sont invités à découvrir la Maison des contes et légendes sous un nouveau décor, celui des artistes et des auteurs de Lavaltrie. Les visiteurs peuvent les rencontrer et apporter leur caméra pour capturer les moments uniques de cette enceinte culturelle.

Pour de plus amples renseignements, Michel Goulet, agent de développement culturel de Lavaltrie, peut être contacté au 450.586.2921, poste 2239

mercredi 26 novembre 2008

Catharsis post-moderne: Des films et des chansons pour nettoyer l’âme*

Ce texte est né d’une phrase, simple à première vue et, peut-être, utilisé pour sa force expressive, qui figure à la fin d’ Une chanson d'amour pour Bobby Long, film de Shainee Gabel (2004), avec John Travolta dans le rôle de Bobby Long. La phrase fait partie de la biographie de Bobby Long écrite par Lawson (Gabriel Macht). Lawson écrit que e Bobby était "un homme qui savait que l'enfer est le plus court raccourci vers le ciel." Phrase objet de nombreuses interprétations qui ont occupé des centaines, voire des milliers de pages. Et cela depuis Aristote, qui, le premier, a théorisé sur la catharsis, la fonction essentielle de l'art à travers les temps.

AUTEUR: Fernando ESTEVES
Traduit par l'auteur. Révisé par Fausto Giudice

Je me concentre sur la question suivante: dans quel segment de l’art s’est concentrée la fonction cathartique? Réponse: dans la musique pop et le cinéma usaméricain. Mais avant de justifier cette réponse, éclairons certains points.

Quelques mots d’abord sur la tragédie grecque, comment elle fut conçue dans la période classique et, par conséquent, sur la notion même de "tragique". Ainsi, le thème de la catharsis apparaîtra plus clairement.

La tragédie grecque est un drame. Cependant, certaines caractéristiques propres à la tragédie grecque la distinguent d’autres types de drame. L'une des principales caractéristiques est la suivante: le conflit entre un personnage et un plus grand pouvoir, comme la loi, les dieux, le destin, les valeurs établies par la société, les tabous, les dogmes etc. Un exemple: la tragédie de Sophocle, Œdipe roi, le même Œdipe dont le « complexe » a rendu Freud mondialement célèbre. Résumons cette tragédie: Œdipe, un enfant atteint de malformation congénitale, est abandonné par ses parents à sa naissance. Devenu adulte, il tue son propre père, sans savoir qu’il est son père. Puis il se marie avec sa mère, sans être conscient de ce qu’elle est sa mère. Ici, le conflit se met en place. Œdipe est le prototype du martyr de l'inceste, thème toujours présent dans l'imaginaire, non seulement grec, mais de toutes les personnes de tous âges et en tous lieux (d’où l’immortalité de la pièce, et son impact sur les hommes des toutes les cultures et époques).

Résumons maintenant le fonctionnement de la catharsis. L’homme grec ancien, lorsqu’il assistait à une de ces tragédies, s’identifiait profondément avec leurs personnages, qui vivaient toutes les terreurs ancestrales, les tabous, les conflits sociaux. Il vivait , par le filtre de la poésie, tous les sentiments suscités par ces conflits. Voilà où intervient le miracle de la catharsis.

Lorsque toute cette misère accable le héros tragique, ce qu’exprime la poésie , le spectateur, nettoie son âme, il se reconnaît lui-même comme faisant partie d'un vaste "drame cosmique”. Quand le spectateur regarde cette tragédie, il trouve la force d'agir sur ses propres sentiments réprimés. Parce que ce qui opprime est cause de tension. L'art comme catharsis, peut être éclairé par la formule suivante d’Antonin Artaud sur le théâtre: « exposer collectivement les blessures ». Peut-être notre homme grec était-il soulagé par l’idée : “Je ne souffre pas tout seul!”.

L'art, selon cette fonction cathartique, rend la souffrance souhaitable comme moyen de purification, comme l’occasion de devenir meilleur. C’est ansi qu’on peut résumer la conception nietzschéenne du "tragique".

Revenons à notre objet . Quel est le segment de l'art qui est le plus engagé dans cette tâche de catharsis? Quel art, en disant même les plus terribles vérités, est capable de nous émouvoir et mobiliser non seulement la sensibilité, mais aussi notre sens moral, éthique et esthétique? Je crois que cette fonction est, de nos jours, presque entièrement concentrée dans les films (surtout usaméricains) et la musique pop dans ses aspects plus "raffinés"- et parfois non-raffinés, ce qu’il ne faut pas regretter - (Radiohead, par exemple; au Brésil, Zeca Baleiro est un bon exemple dans ce segment (par exemple, les albums "liricas" et "baladas do asfalto". On pourrait citer beaucoup d’autres exemples.


À partir des avant-gardes du 20e siècle, l'art s’est replié de plus en plus sur lui-même, sur sa langue, ses médias, ses implications sémiotiques etc; tout est métalanguage et concept. Cet art, inclus dans la soi-disant "haute culture",s’est déshumanisé, il est devenu stérile, incapable de dialoguer avec l’homme de son temps. Bien sûr, il est possible de faire de l'art qui touche les gens sans être "naïf" du point de vue formel.

Bien sûr, "une chanson d'amour pour Bobby Long" n'est pas une tragédie. J'ai utilisé le film comme un pretexte. Mais on peut identifier quelques caractéristiques "tragiques" subtiles qui apparaissent tout au long du film, parfois même implicitement. Par exemple, la "famille" est en conflit avec les valeurs établies par la société usaméricaine. Ils font face avec un courage de héros tragiques à la fin du rêve américain. Et ils savent que cela ne conduira nulle part. Ils connaissent leur destin et l’acceptent joyeusement et immédiatement( élément clé du héros tragique nietzschéen). Alors le spectateur accepte également son propre destin, en voyant ces personnages, "simples" mais grands et dignes. Lorsque nous nous rendons compte que les personnages ont des problèmes semblables aux nôtres, nous retournons a la communauté humaine, rétablissant l'unité de ce "drame cosmique", qui est la vie.

Et la la musique alors? Je me limiterai à un exemple. Un seul, mais avec le poids d'une chanson des Beatles. Je parle de “WHILE MY GUITAR GENTLY WEEPS”.


C’est une chanson qui parle d'une lassitude très particulière, spéciale même: la fatigue existentielle. Un poète qui contemple la “fin du monde”. Mais au lieu de nous déprimer, la musique nous touche. Pourquoi? Je vais répondre dans le contexte de la catharsis. Cette chanson des Beatles, a un ton qu’on pourrait appeler de «pathos escatologique," le sentiment de la fin d'un monde, d’une époque. Je pense que c'est le même pathos que dans THE WASTELAND, le long poème de TS Eliot.

La chanson exprime une vision partagée par un grand nombre de gens, mais tout le monde ne sait pas l’exprimer. La musique donne une plus grande portée à ce sentiment, nous donne l'impression de faire partie de quelque chose de plus grand , partagé par tout le monde. Bref, nous revenons au “ « drame cosmique » de l'existence. Pour un moment nous sommes poussés à agir, au moins moralement et émotionnellement.

Enfin, tout ce qu’il y a de conflit et de désintégration à l'écran ou dans la musique devient, au moment de la jouissance du film ou de la musique, véhicule d’unification entre les gens, les malheurs du héros tragique sont vécus collectivement, cela nous montre l'urgence de la vie humaine, l'urgence d'une position morale, éthique et affective.

Peut-être l'art n’est-il pas fait que de petites mensonges qui aident à vivre. L'art, dans sa fonction cathartique, c'est la vérité même. Björk a dit que la pop est aussi importante que l'air. Cela ne fait aucun doute. C’est la pop qui comprend et exprime le mieux nos conflits, l'amertume du monde actuel. En revanche, la « haute culture » est stérile. Elle mourra étouffée par ses concepts.

Je terminerai en citant Dostoïevski, qui a réalisé ce miracle de la catharsis, l’unification de l'espèce humaine pour un objectif commun (pour une compréhension totale de la vie):
« seulement l’art justifie la vie ».

* En portugais du Brésil nous avons une expression: “lavar a alma”( laver, ou nettoyer l’âme). Titre tout trouvé pour un texte sur la catharsis.

mardi 25 novembre 2008

La famine mondiale ignorée des grands décideurs nord-américains

Un rapport tout récent de la Banque mondiale, daté du 02/09/08, admet qu’en 2005, trois milliards 140 millions de personnes ont vécu avec moins de 2,50 dollars par jour. Et que 44% d’entre eux ont même survécu avec moins de 1,25 dollar.

Le 12 novembre 2008

Le seul constat possible face à une situation qui frappe un si grand nombre d’individus, essentiellement dans les zones urbaines, est la désolation complète et totale. Des choses simples comme le téléphone, l’alimentation, les vacances, la télévision, les soins dentaires et de santé sont inabordables pour des milliards de gens.

Starvation.net enregistre les impacts grandissants de la famine mondiale et de la privation totale de nourriture. Chaque jour, 30 000 personnes, dont 85% sont des enfants de cinq ans et moins, meurent de malnutrition, de maladies guérissables ou de famine. Le nombre de décès que l’on aurait pu éviter en 40 ans dépasse les 300 millions.

Ce sont ces personnes que David Rothkopf, dans son livre Superclass, appelle les « malchanceux » :
« Si vous êtes nés à la mauvaise place, comme en Afrique sub-saharienne… vous manquez de chance » écrit Rothkopf. Celui-ci continue en décrivant comment les 10% des personnes au sommet de l’échelle mondiale possèdent 84% de la richesse et comment la moitié la plus pauvre possède à peine 1%. Dans les 10% au sommet, les riches propriétaires sont les 1000 milliardaires mondiaux.
Mais cette disparité financière est-elle réellement due à la « malchance », ou n’est-ce pas plutôt le fruit de politiques soutenues par l’élite politique qui protège une minorité aux dépens du plus grand nombre?

Les agriculteurs mondiaux cultivent plus que ce qu’il faut pour nourrir correctement toute la population de la planète. La production globale de grains a atteint un record de 2,3 milliards de tonnes en 2007, soit une hausse de 4% par rapport à l’année précédente. Mais malgré cela, des milliards d’êtres humains souffrent quotidiennement de famine.

Grain.org décrit les raisons fondamentales de cette famine sans fin dans un article récent: Making a Killing from Hunger (« Cette famine qui tue ») : en même temps que les fermiers cultivent suffisamment pour alimenter la planète, les spéculateurs et les gros négociants en grains comme Cargill contrôlent les prix mondiaux des aliments et leur distribution.

La demande fait grimper les prix et la famine profite aux corporations : Cargill a annoncé que les profits pour l’échange des marchandises, au premier trimestre 2008, sont supérieurs de 86% à ceux de 2007. Les prix mondiaux ont crû de 22% de juin 2007 à juin 2008 et une large part de l’augmentation provient de la spéculation de 175 milliards de dollars sur les marchandises à venir. Le résultat a été des hausses et des baisses vertigineuses de prix qui engendrent ainsi une insécurité alimentaire généralisée et persistante.

Pour une famille très pauvre, une toute petite augmentation de prix est une question de vie ou de mort. Cependant pas un seul candidat à l’élection présidentielle des États-Unis n’a déclaré la guerre à la famine. Au lieu de cela, les deux candidats parlent de sécurité nationale et de la poursuite de la guerre au terrorisme, comme si c’était cela la question prioritaire: le 11 septembre 2001, il y a eu dix fois plus de personnes mortes de faim que de victimes de l’attentat du World Trade Center.

Où est donc le projet Manhattan contre la famine mondiale? Où est l’engagement pour la sécurité nationale concernant l’aide unilatérale contre la famine? Où est l’indignation dans les média qui exhibent pourtant des photos d’enfants agonisants? Où est la révolte contre ceux qui tirent profit de la famine?

Le peuple américain voudrait se voiler la face au sujet des enfants affamés et croit qu’on ne peut faire que peu de chose pour eux, excepté l’envoi d’un don à son organisme de charité préféré, en guise de soulagement de sa culpabilité. Mais donner n’est pas assez, nous devons aussi demander une aide alimentaire comme politique nationale lors du prochain mandat présidentiel. Pour nous qui faisons partie de la nation la plus riche du monde, c’est un devoir sacré de mettre en place un mouvement politique ayant pour but l’amélioration du sort de l’humanité et la lutte contre la famine pour les milliards de personnes. La famine mondiale et les inégalités exagérées de richesse sont dues à des politiques que nous pouvons changer. Il n’y aura pas de sécurité nationale aux États-Unis si on ne résout pas les besoins alimentaires de base.


Article original en anglais, Global Starvation Ignored by American Policy Elites, publié le 5 septembre 2008.

Traduit par Daniel Paquet et Michel Pratte pour Investigaction.

Peter Phillips est professeur de sociologie à l’Université d’État Sonoma et directeur du groupe de recherche et directeur du groupe de recherche en média « Project Censored ». Son nouveau livre Censored 2009 est maintenant disponible chez Seven Stories Press.

Analyse alternative des crises en cours



Eric TOUSSAINT est docteur en sciences politiques des universités de Liège et de Paris VIII, président du CADTM Belgique, auteur de nombreux livres et articles parmi lesquels les deux derniers ont à voir avec l’analyse de la crise actuelle. L’un est paru en janvier 2008 et est intitulé « Banque du Sud et nouvelle crise internationale », coédition CADTM-Syllepse, Liège-Paris, 2008. Le deuxième est sorti d’imprimerie aujourd'hui mardi 28 octobre 2008 et sera en librairie dans les semaines qui viennent. Il s’intitule « 60 Questions/60 Réponses sur la dette, le FMI et la Banque mondiale ». Il est coédité par le CADTM et Syllepse, Liège-Paris.

La fin de la pauvreté ?



Avec tant de richesses dans le monde, comment peut-on avoir autant de pauvreté ? « La Fin de la Pauvreté ? » retourne au début des temps modernes, au début des temps coloniaux, pour comprendre quand mais aussi pourquoi tout cela a commencé ? Les experts internationaux aussi bien que les victimes nous apportent des éléments de réponse, condamnant le colonialisme, l’économie de marché, la dette du tiers-monde, l’appropriation des terres et des autres ressources naturelles, qui entre autres condamnent les pays du tiers-monde et tous ceux qui s’efforcent de survivre dans un environnement toujours plus hostile. N’est-il pas temps de se demander pourquoi aujourd’hui 25% de la population mondiale consomme plus de 85% des ressources de la planète ?

Aidons les banques (vidéo)



Les banques et les banquiers ne sont hélas trois fois hélas que les pauvres victimes d'un méchant système tombé subitement, à la surprise générale, sur la tête... Pour aider la finance sans qui nous ne pourrons pas partir en vacances en camping-car lorsque nous serons à la retraite à 70 ans, nous devons soutenir notre président sarkozy. Il se dévoue personnellement pour donner notre argent à ces pauvres banquiers si miséreux...

Quel homme ! Quelle générosité ! Bon sang que nous sommes bons envers ces pauvres de la finance !

...et pour les quelques ignorants de la chose de la finance, et vu que cela n'est jamais enseigné nulle part voici quelques liens pour commencer à y comprendre quelque chose :

L'argent dette : l'excellent documentaire et de Paul Grignon en VF :

- http://www.dailymotion.com/relevance/search/l%2527argent%2Bdette/video/x75e0k_largent-dette-de-paul-grignon-fr-in_news

http://cordonsbourse.blogs.liberation.fr/cori/
où les commentaires des lecteurs complètent magnifiquement les articles...

http://econoclaste.org.free.fr/dotclear/index.php/

voyez aussi les favoris de lachoucroutegarnie...

et pour moins bêler avec les médias de masse (propriété de la finance) qui mentent par omission, amnésie et ignorance :

http://www.arretsurimages.net

http://www.bakchich.info/

http://www.la-bas.org/

http://www.altermonde-sans-frontiere.com/

http://www.solidariteetprogres.org/

et faites votre propre liste en cherchant et réflechissant... comme d'hab !
et puis toujours en kiosque : le canard enchainé et depuis peu siné hebdo !

Bêêêê Bêêêêê Bêêêê quand est qu'on mange ?